L'encrier

par Thomas Chapelle

Au dernier matin

©Thomas Chapelle

Au dernier matin, de mon voyage à Dublin

J’ai pris un café dans une gargote en face du vieux marché

Le patron m’a servi sans rien me demander et son sourire m’a adoubé

 

Soudain, je n’étais plus l’étranger seul et isolé

Qui parcourrait cette ville dans le silence de l’offense

La pillant à chaque instant

 

Il m’avait traité comme l’un des siens,

J’étais l’égal de ces vestes jaunes

Qu’il servait dès le petit matin

 

Il m’a accueilli, nourri

Abreuvé et béni

Quand je suis sorti, le pays, à son tour m’a souri.

 

En gaélique, le vent a ébouriffé mes neurones

En reprenant l’air de la mer et des pierres

Il a laissé dans ma gorge un chant ancien

Et dans mon oreille, une idée

 

J’ai été libéré de mon étrangité

Par le sourire de cet homme portant l’identité

D’un pays qui pour la première fois connait la paix.

 

J’ai écrit et j’ai marché, dans cette terre qui soudain se dévoilait

Et je n’ai qu’une hâte, y retourner.